« J'aimerais », avec un s, est au conditionnel : il exprime un souhait, une demande polie ou une situation imaginée (« j'aimerais vous rencontrer »). « J'aimerai », sans s, est au futur : il annonce un fait à venir présenté comme sûr (« j'aimerai ce film, j'en suis certain »), et pour trancher, il suffit de remplacer « je » par « nous » : « nous aimerions » donne j'aimerais, « nous aimerons » donne j'aimerai.
Dans une lettre de motivation, un mail ou une demande, c'est presque toujours le conditionnel qu'il faut. Le reste de ce guide détaille la règle, les autres verbes qui posent le même problème et les pièges les plus courants. Pour vérifier un texte entier d'un coup, colle-le dans notre correcteur d'orthographe qui explique chaque faute.
La règle en une phrase
À la première personne du singulier, le conditionnel présent se termine par -rais et le futur simple par -rai. Une seule lettre les sépare, mais pas le même sens.
| Forme | Temps | Ce qu'elle dit | Exemple |
|---|---|---|---|
| j'aimerais | conditionnel présent | un souhait, une politesse, une hypothèse | J'aimerais partir en Italie un jour. |
| j'aimerai | futur simple | un fait à venir, tenu pour certain | Je sais que j'aimerai ce cadeau. |
Le conditionnel adoucit et met à distance : on désire, on suppose, on demande sans exiger. Le futur affirme : ce qui est annoncé arrivera.
L'astuce du « nous » pour ne plus te tromper
À l'oral, beaucoup de gens prononcent « j'aimerai » et « j'aimerais » exactement pareil, d'où l'hésitation à l'écrit. Change de personne, et la différence devient audible :
- Avec nous : « nous aimerions » (conditionnel) contre « nous aimerons » (futur).
- Avec il ou elle : « elle aimerait » (conditionnel) contre « elle aimera » (futur).
- Avec tu : « tu aimerais » (conditionnel) contre « tu aimeras » (futur).
Prends ta phrase, remplace « je » par « nous », et écoute laquelle sonne juste. « Nous aimerions vous rencontrer » : c'est le conditionnel, donc tu écris « j'aimerais ». À l'inverse, « nous aimerons vous rencontrer » sonne faux pour une demande, ce qui confirme le choix.
Un deuxième réflexe aide : si tu peux ajouter « bien » ou « tant » devant le verbe sans changer l'idée (« j'aimerais bien », « j'aimerais tant »), tu exprimes un souhait, et c'est le conditionnel.
Dans une lettre de motivation ou un mail
La politesse de l'écrit professionnel passe par le conditionnel. Il présente une demande sans la poser comme acquise. Le futur, lui, sert aux faits que tu peux garantir, comme une date de disponibilité.
| Ce que tu veux dire | Forme correcte | Pourquoi |
|---|---|---|
| Demander un entretien | J'aimerais vous rencontrer pour en discuter. | Un souhait, poliment formulé |
| Exprimer une envie | Je souhaiterais rejoindre votre équipe. | Conditionnel de politesse |
| Imaginer ton apport | Je serais heureux de mettre cette expérience à votre service. | Une situation envisagée |
| Donner une date sûre | Je serai disponible à partir du 3 novembre. | Un fait à venir, certain |
| Promettre un envoi | Je vous enverrai mon portfolio dès demain. | Un engagement ferme |
Une même lettre peut donc mêler les deux temps, chacun à sa place. Si tu hésites sur toute ta conclusion, notre outil pour rédiger une lettre de motivation et le guide la méthode de la lettre de motivation donnent des formules complètes.
Les autres verbes qui posent le même problème
Tous les verbes fonctionnent de la même façon à la première personne : la forme du futur plus un s donne le conditionnel. Les plus fréquents à l'écrit :
| Verbe | Conditionnel (souhait, politesse) | Futur (fait à venir) |
|---|---|---|
| vouloir | je voudrais | je voudrai |
| pouvoir | je pourrais | je pourrai |
| être | je serais | je serai |
| avoir | j'aurais | j'aurai |
| devoir | je devrais | je devrai |
| souhaiter | je souhaiterais | je souhaiterai |
| aller | j'irais | j'irai |
| faire | je ferais | je ferai |
| savoir | je saurais | je saurai |
« Je voudrais un café » est une demande polie : conditionnel. « Je voudrai » existe, mais il est rare, car on annonce rarement une volonté future comme une certitude. Dans le doute, la même astuce marche pour tous ces verbes : « nous voudrions », « nous pourrions », « nous serions ».
Les pièges les plus courants
Après « si » de condition, l'imparfait
Quand « si » pose une condition, le verbe qui le suit se met à l'imparfait, et le conditionnel va dans l'autre partie de la phrase : « Si j'avais plus de temps, j'aimerais apprendre le piano. » On n'écrit donc pas « si j'aimerais », ni « si j'aurais ».
Attention à l'exception : quand « si » introduit une question indirecte, il veut dire « est-ce que », et le conditionnel redevient possible : « Je me demande si j'aimerais ce métier. »
Après « quand », le futur pour un fait à venir
« Quand j'aurai fini, je t'appellerai » : les deux actions sont prévues, donc futur dans les deux parties. Le conditionnel ne s'emploie après « quand » que si toute la phrase est hypothétique.
Le futur dans un récit au passé
Dans un récit au passé, ce qui était encore à venir s'écrit au conditionnel : « Je savais déjà que j'aimerais ce livre. » Au présent, la même idée prend le futur : « Je sais déjà que j'aimerai ce livre. »
« J'aurais aimé » ou « j'aurai aimé » ?
Pour un regret, c'est le conditionnel passé, avec un s : « J'aurais aimé être prévenu. » « J'aurai aimé » est un futur antérieur, qui annonce une action terminée dans l'avenir ; il est rare à l'écrit courant.
Vérifier ton texte en quelques secondes
L'astuce du « nous » règle les hésitations une par une. Pour un mail ou une lettre entière, le plus rapide reste de faire relire le texte : colle-le dans le correcteur d'orthographe gratuit, il corrige les terminaisons, les accords et la conjugaison, et t'explique la règle de chaque correction. Comme toujours avec une IA, relis le résultat : c'est toi qui signes le texte.
Questions fréquentes
Pourquoi est-ce si difficile à entendre ?
Traditionnellement, le futur se prononce avec un « é » fermé et le conditionnel avec un « è » ouvert. Mais dans une grande partie de la francophonie, les deux sons se confondent, et l'oreille ne suffit plus : d'où l'utilité de passer par « nous ».
« J'aimerais bien » ou « j'aimerai bien » ?
« J'aimerais bien », avec un s. L'expression formule une envie, ce qui relève du conditionnel. « J'aimerai bien » se lit comme une prédiction sur ton propre goût, ce qui est rarement l'idée.
Est-ce que « je voudrais » est plus poli que « je veux » ?
Oui. Le conditionnel de politesse atténue la demande, et « je voudrais » ou « j'aimerais » sont les formes attendues dans un magasin, un mail ou une lettre. « Je veux » n'est pas incorrect, mais il sonne comme une exigence.
Et à la deuxième personne, faut-il aussi faire attention ?
Moins : « tu aimerais » et « tu aimeras » ne se ressemblent pas, ni à l'oral ni à l'écrit. Le piège est vraiment propre à « je », où une seule lettre change le temps.
Le correcteur de mon téléphone ne corrige pas cette faute : pourquoi ?
Parce que « j'aimerai » et « j'aimerais » sont deux formes correctes en elles-mêmes. Seul le sens de la phrase permet de choisir. Un correcteur qui lit la phrase entière, comme une IA, peut le faire et t'expliquer pourquoi.